La loi sur l’énergie

A. Objectifs et principales innovations de la loi

Les principales modifications introduites par la loi sur l’énergie concernent les domaines suivants :

  1. la construction et la rénovation de bâtiments;
  2. l'exploitation des bâtiments;
  3. les installations soumises à autorisation;
  4. la planification énergétique territoriale;
  5. l'exemplarité de l'Etat et des collectivités publiques.

Les objectifs et les principales innovations prévus dans chacun de ces domaines sont les suivants :

1. Construction et rénovation de bâtiments

Afin de réaliser des économies d’énergie substantielles et de développer l’utilisation des énergies renouvelables :

2. Exploitation des bâtiments

Dans le but d’accélérer le rythme des rénovations, d’améliorer la qualité énergétique du parc immobilier et de valoriser les réalisations exemplaires :

3. Installations soumises à autorisation

Pour éviter toute forme de gaspillage et privilégier les énergies renouvelables :

4. Planification énergétique territoriale

Pour garantir une meilleure prise en compte des opportunités d’utilisation rationnelle de l’énergie et de recours aux énergies renouvelables dans le cadre de projets d’aménagement du territoire :

5. Exemplarité de l’Etat et des collectivités publiques

Afin de donner l’exemple et dans le but de contribuer activement à une nouvelle dynamique :

B. Priorité : la rénovation des bâtiments

1. Généralités

Dans le domaine de l’énergie, le Conseil d’Etat est déterminé à agir à tous les niveaux. Toutefois, la consommation énergétique des bâtiments est clairement la cible prioritaire de cette loi.

En effet, cette consommation, essentiellement liée aux besoins en chauffage, représente pratiquement 50% de l’énergie totale utilisée dans notre canton et deux tiers du total des émissions de CO2. Or, si les besoins en énergie des bâtiments neufs ont considérablement diminué ces dernières décennies, de nombreux bâtiments anciens sont aujourd’hui encore de véritables « passoires énergétiques ».

Lorsque l’on sait qu’à Genève, 73% des bâtiments ont été construits avant 1980 et 32% avant 1945 et que, dans notre canton plus qu’ailleurs, le rythme des rénovations est particulièrement lent, on comprend aisément que les nouvelles dispositions de la loi ne peuvent pas se limiter aux nouvelles constructions, mais doivent impérativement prendre en compte les rénovations d’immeubles existants.

C’est en effet dans le domaine bâti que réside le potentiel d’économie le plus important. Il est donc essentiel, et cela constitue le cœur de cette loi, de mettre en place des mécanisme et des mesures qui permettent d’inciter les propriétaires à initier des travaux de rénovations en grand nombre.

2. Les mesures incitatives

Les principales mesures mises en place par cette loi sont les suivantes :

3. Le financement des travaux

Depuis le 1er janvier 2008, il est possible pour un propriétaire, dans toute la Suisse, de répercuter sur les loyers le coût des investissements permettant de générer des économies d’énergie qui profitent aux locataires. Cette nouvelle disposition, prévue dans l’Ordonnance sur le bail à loyer et à ferme (OBLF), avait notamment été soutenue devant les chambres fédérales notamment par l’ASLOCA.

Toutefois, à Genève, le Conseil d’Etat a voulu limiter l’impact de ces travaux sur les loyers pour les locataires. Ainsi, la loi sur l’énergie institue un compromis, qui repose sur les trois piliers suivants :

Le système de partage et de répartition du coût des travaux d’amélioration énergétique peut être représenté graphiquement de la manière suivante :

graphique financement des travaux